Fiches d'arrêts · Droit pénal · Responsabilité pénale

Arrêt Laboube

Cour de cassation, chambre criminelle, 13 décembre 1956, n° 55-05.772 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante, art. 1er et 2 ; Code pénal, art. 122-8 ; Code de la justice pénale des mineurs, art. L. 11-1
En bref

Cass. crim., 13 déc. 1956 : un mineur ne peut répondre pénalement d'une infraction, même non intentionnelle, que s'il a compris et voulu l'acte. Fiche d'arrêt.

Les faits

Un enfant de six ans blesse involontairement un camarade. Le tribunal pour enfants de Strasbourg le déclare coupable de blessures involontaires, dit n'y avoir lieu à sanction pénale, ordonne sa remise à sa famille et déclare le père civilement responsable.

La procédure

La cour d'appel de Colmar, le 1er décembre 1953, juge que l'enfant, faute de raison suffisante, ne peut répondre du fait reproché, mais confirme néanmoins sa remise à sa famille. Le procureur général près la Cour de cassation forme un pourvoi dans l'intérêt de la loi.

Le problème de droit

Un très jeune enfant peut-il être pénalement responsable d'une infraction non intentionnelle, et le juge peut-il prendre à son égard une mesure éducative s'il le déclare irresponsable ?

La solution

La chambre criminelle approuve la cour d'appel d'avoir jugé que l'enfant ne pouvait répondre de l'infraction, mais casse l'arrêt sur la mesure de remise à la famille. Si l'ordonnance de 1945 pose le principe de l'irresponsabilité pénale du mineur et organise des mesures de redressement, encore faut-il, conformément aux principes généraux du droit, que le mineur ait compris et voulu l'acte : toute infraction, même non intentionnelle, suppose que son auteur ait agi avec intelligence et volonté. Ayant constaté l'absence de discernement, la cour d'appel devait relaxer et ne pouvait, sans contradiction, prendre une mesure éducative.

« toute infraction, même non intentionnelle, suppose en effet que son auteur ait agi avec intelligence et volonté »

Le texte officiel

Attendu, en effet, que si les articles 1er et 2 de l'ordonnance du 2 février 1945, modifiés par la loi du 24 mai 1951, posent le principe de l'irresponsabilité pénale du mineur, abstraction faite du discernement de l'intéressé, [...] encore faut-il, conformément aux principes généraux du droit, que le mineur dont la participation à l'acte matériel à lui reproché est établie, ait compris et voulu cet acte; que toute infraction, même non intentionnelle, suppose en effet que son auteur ait agi avec intelligence et volonté; [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 26 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.