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Arrêt Macron

Cour de cassation, chambre commerciale, 17 juin 1997, n° 95-14.105 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Code civil, art. 1382 et 1383 anciens ; Code civil, art. 2300 (rédaction issue de l'ordonnance du 15 septembre 2021) ; Code de la consommation, art. L. 332-1 ancien
En bref

Cass. com., 17 juin 1997 : la banque qui obtient un cautionnement manifestement disproportionné aux biens de la caution engage sa responsabilité. Fiche d'arrêt.

Les faits

Le 23 décembre 1987, le président du conseil d'administration d'une société pétrolière s'engage, envers la banque de la société, comme avaliste de toutes les dettes sociales, à hauteur de 20 000 000 francs. Ses revenus mensuels s'élèvent à 37 550 francs et son patrimoine à moins de 4 000 000 francs. La société est mise en redressement judiciaire ; la banque poursuit l'avaliste.

La procédure

La cour d'appel de Paris, le 8 février 1995, condamne l'avaliste à payer, mais condamne la banque à lui verser 15 000 000 francs de dommages-intérêts, avec compensation. La banque forme un pourvoi incident, soutenant que la qualité de dirigeant de la caution faisait présumer sa parfaite connaissance de l'importance de son engagement.

Le problème de droit

Le créancier qui fait souscrire à un dirigeant un engagement de garantie manifestement disproportionné à ses revenus et à son patrimoine commet-il une faute ?

La solution

La chambre commerciale rejette les pourvois. Ayant retenu que l'aval de 20 000 000 francs était manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de l'avaliste, la cour d'appel, tout en estimant qu'il n'avait pas commis d'erreur viciant son consentement, a pu estimer que la banque avait commis une faute en lui faisant souscrire un tel engagement, et la condamner à des dommages-intérêts.

« manifestement disproportionné »

Le texte officiel

Justifie légalement sa décision de condamner un créancier, qui avait obtenu, en garantie de la dette de la société débitrice principale, l'aval de son dirigeant à concurrence de la somme de 20 000 000 francs, à payer à l'avaliste la somme de 15 000 000 francs à titre de dommages-intérêts, la compensation entre les deux sommes étant ordonnée, la cour d'appel qui, après avoir retenu que l'avaliste avait souscrit un aval " manifestement disproportionné " à ses revenus, d'un montant mensuel de 37 550 francs, et à son patrimoine, d'un montant inférieur à 4 000 000 francs, et tout en estimant qu'il n'avait pas commis d'erreur viciant son consentement, a pu estimer que le créancier [...] (sommaire officiel)

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 26 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.