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Arrêt Vilgrain

Cour de cassation, chambre commerciale, 27 février 1996, n° 94-11.241 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Art. 1137 C. civ. (ancien art. 1116) ; Art. 1112-1 C. civ. (devoir précontractuel d'information) ; Art. 1240 C. civ. (ancien art. 1382)
En bref

Com., 27 février 1996 : le dirigeant qui rachète les titres d'un associé en taisant une revente plus chère manque à son devoir de loyauté. Fiche d'arrêt.

Les faits

En septembre 1989, une actionnaire demande au président d'une société de lui trouver un acquéreur pour ses actions. Elle les cède à ce dirigeant et, par son intermédiaire, à des membres de sa famille pour qui il se porte fort, au prix de 3 000 francs par action assorti d'un complément de prix en cas de revente. Quatre jours plus tard, les acquéreurs cèdent leur participation à un groupe industriel au prix de 8 800 francs par action.

La procédure

S'estimant victime d'un dol, la cédante demande réparation. La cour d'appel de Paris, le 19 janvier 1994, condamne le dirigeant à l'indemniser pour réticence dolosive. Le dirigeant forme un pourvoi : selon lui, le cessionnaire n'a pas à informer le cédant de ses propres projets de revente, il était libre de contracter, et l'erreur n'était pas déterminante.

Le problème de droit

Le dirigeant d'une société qui acquiert les titres d'un associé commet-il une réticence dolosive en lui taisant les négociations qu'il mène pour revendre ces titres à un prix supérieur ?

La solution

La Cour de cassation rejette le pourvoi. Le dirigeant avait caché à la cédante qu'il avait confié à une banque la mission de rechercher un acquéreur pour les titres de sa famille et qu'il avait préparé un mandat de vente au prix minimum de 7 000 francs l'action. En se taisant, il a manqué au devoir de loyauté qui s'impose au dirigeant envers tout associé, ce qui caractérise une réticence dolosive. L'erreur était déterminante : informée, la cédante n'aurait pas vendu à 3 000 francs.

« M. Bernard Vilgrain a manqué au devoir de loyauté qui s'impose au dirigeant d'une société à l'égard de tout associé, en particulier lorsqu'il en est intermédiaire pour le reclassement de sa participation »

Le texte officiel

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 19 janvier 1994), que le 27 septembre 1989, Mme X... a vendu à M. Bernard Vilgrain, président de la société Compagnie française commerciale et financière (société CFCF), et, par l'intermédiaire de celui-ci, à qui elle avait demandé de rechercher un acquéreur, à MM. Francis Z..., Pierre Z... et Guy Y... (les consorts Z...), pour qui il s'est porté fort, 3 321 actions de ladite société pour le prix de 3 000 francs par action, [...] que 4 jours plus tard les consorts Z... ont cédé leur participation dans la société CFCF à la société Bouygues pour le prix de 8 800 francs par action; [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 26 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.