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Arrêt Gaz de Bordeaux

Conseil d'État, 30 mars 1916, n° 59928 · Publié au recueil Lebon
Texte officiel : Légifrance
Textes : Art. L. 6, 3° du code de la commande publique (codification de l'imprévision) ; Loi du 28 pluviôse an VIII (compétence du conseil de préfecture)
En bref

Conseil d'État, 30 mars 1916 : un événement imprévisible qui bouleverse l'économie du contrat ouvre au concessionnaire une indemnité d'imprévision.

Les faits

La Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux est concessionnaire de l'éclairage au gaz de la ville ; son contrat fixe le prix du gaz fourni à la ville et aux particuliers. Pendant la Première Guerre mondiale, l'occupation par l'ennemi de la plus grande partie des régions productrices de charbon d'Europe continentale et les difficultés du transport maritime font flamber le prix du charbon, matière première du gaz.

La procédure

La compagnie demande au conseil de préfecture de la Gironde de juger qu'elle a droit à un relèvement du prix fixé par la concession et de condamner la ville à lui verser une indemnité. Le conseil de préfecture la déboute le 30 juillet 1915. Elle fait appel devant le Conseil d'État.

Le problème de droit

Le concessionnaire d'un service public doit-il continuer à exécuter le contrat aux seules conditions prévues lorsque des circonstances imprévisibles, extérieures aux parties, en bouleversent l'économie ?

La solution

Le Conseil d'État annule l'arrêté du conseil de préfecture. En principe, la variation du prix des matières premières est un aléa du marché qui reste aux risques du concessionnaire. Mais la hausse due à la guerre déjoue tous les calculs et dépasse les limites extrêmes des majorations que les parties pouvaient envisager : l'économie du contrat est bouleversée. La compagnie doit continuer d'assurer le service, mais elle ne supporte que la part des conséquences onéreuses que l'interprétation raisonnable du contrat permet de lui laisser. Les parties sont renvoyées devant le conseil de préfecture, qui fixera, à défaut d'accord, l'indemnité due à la compagnie.

« il serait tout à fait excessif d'admettre qu'il y a lieu à l'application pure et simple du cahier des charges comme si l'on se trouvait en présence d'un aléa ordinaire de l'entreprise »

Le texte officiel

Vu la requête sommaire et le mémoire ampliatif présentés pour la "Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux", société anonyme, dont le siège social est à Bordeaux, rue de Condé, n° 5, agissant poursuites et diligences de ses directeur et administrateurs en exercice, ladite requête et ledit mémoire enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 1er et 29 septembre 1915 et tendant à ce qu'il plaise au Conseil annuler un arrêté en date du 30 juillet 1915 par lequel le conseil de préfecture du département de la Gironde l'a déboutée de sa demande tendant à faire juger qu'elle a droit à un relèvement du prix fixé par son contrat de concession pour le gaz fourni par elle à la ville et aux particuliers et à faire condamner la ville de Bordeaux à lui payer une indemnité; [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 16 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de la juridiction administrative et du Tribunal des conflits (base JADE, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.