Fiches d'arrêts · Droit des contrats · Négociations précontractuelles

Arrêt Manoukian

Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, 26 novembre 2003, n° 00-10.243 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Art. 1112 C. civ. (issu de l'ordonnance du 10 février 2016, modifié par la loi du 20 avril 2018)
En bref

Com., 26 novembre 2003 : la rupture fautive des pourparlers n'indemnise pas la perte de chance de réaliser les gains du contrat ; le tiers n'est pas fautif.

Les faits

Une société négocie au printemps 1997 avec les actionnaires d'une société exploitant un fonds de commerce le rachat de leurs actions. Un projet d'accord sous conditions suspensives est établi en septembre et les délais sont reportés à la demande des cédants. Mais ceux-ci consentent entre-temps, le 10 novembre 1997, une promesse de cession à une autre société, et n'en informent le premier candidat que quatorze jours plus tard.

La procédure

Le candidat évincé assigne les cédants et la société tierce en réparation du préjudice causé par la rupture fautive des pourparlers. La cour d'appel de Paris, le 29 octobre 1999, condamne les cédants mais limite la réparation aux frais de négociation et d'études, et met hors de cause le tiers. Les cédants et le candidat évincé forment des pourvois.

Le problème de droit

La victime d'une rupture fautive des pourparlers peut-elle obtenir réparation de la perte de chance de réaliser les gains attendus du contrat ? Le tiers qui contracte avec l'auteur de la rupture engage-t-il sa responsabilité ?

La solution

La chambre commerciale rejette les pourvois. Les circonstances constitutives d'une faute commise dans l'exercice du droit de rupture unilatérale des pourparlers ne sont pas la cause du préjudice consistant dans la perte d'une chance de réaliser les gains que permettait d'espérer la conclusion du contrat. Et le simple fait de contracter, même en connaissance de cause, avec une personne ayant engagé des pourparlers avec un tiers n'est pas, sauf intention de nuire ou manœuvres frauduleuses, une faute.

« les circonstances constitutives d'une faute commise dans l'exercice du droit de rupture unilatérale des pourparlers précontractuels ne sont pas la cause du préjudice consistant dans la perte d'une chance de réaliser les gains que permettait d'espérer la conclusion du contrat »

Le texte officiel

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 29 octobre 1999), que la société Alain Manoukian a engagé avec les consorts X... et Y... (les consorts X...),, actionnaires de la société Stuck, des négociations en vue de la cession des actions composant le capital de cette société; que les pourparlers entrepris au printemps de l'année 1997 ont, à l'issue de plusieurs rencontres et de divers échanges de courriers, conduit à l'établissement, le 24 septembre 1997, d'un projet d'accord [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 16 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.