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Arrêt Les Maréchaux

Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, 10 juillet 2007, n° 06-14.768 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Art. 1103 et 1104 C. civ. (anciens art. 1134, al. 1 et 3)
En bref

Com., 10 juillet 2007 : la bonne foi permet de sanctionner l'usage déloyal d'une prérogative, pas de porter atteinte à la substance des droits convenus.

Les faits

Des actionnaires d'une société exploitant une discothèque cèdent leur participation au président du conseil d'administration, déjà actionnaire. L'acte prévoit un complément de prix et une garantie de passif au profit du cessionnaire contre toute augmentation du passif d'origine fiscale antérieure à la cession. La société subit un redressement fiscal pour l'exercice 2000.

La procédure

Les cédants réclament le complément de prix ; le cessionnaire demande reconventionnellement l'application de la garantie de passif. La cour d'appel de Paris, le 14 mars 2006, rejette sa demande : dirigeant, il aurait délibérément exposé la société aux pratiques irrégulières à l'origine du redressement et ne pourrait, sans manquer à la bonne foi, se prétendre créancier. Le cessionnaire forme un pourvoi.

Le problème de droit

Le juge peut-il, au nom de la bonne foi, priver un contractant du bénéfice d'une garantie légalement convenue ?

La solution

La chambre commerciale casse l'arrêt au visa de l'article 1134, alinéas 1 et 3. Si la règle selon laquelle les conventions doivent être exécutées de bonne foi permet au juge de sanctionner l'usage déloyal d'une prérogative contractuelle, elle ne l'autorise pas à porter atteinte à la substance même des droits et obligations légalement convenus entre les parties.

« si la règle selon laquelle les conventions doivent être exécutées de bonne foi permet au juge de sanctionner l'usage déloyal d'une prérogative contractuelle, elle ne l'autorise pas à porter atteinte à la substance même des droits et obligations légalement convenus entre les parties »

Le texte officiel

Sur le moyen unique, pris en sa première branche: Vu l'article 1134, alinéas 1 et 3, du code civil; Attendu, selon l'arrêt attaqué, que par acte du 18 décembre 2000, MM. X..., Y... et Z..., actionnaires de la société Les Maréchaux, qui exploite notamment une discothèque, ont cédé leur participation à M. A..., déjà titulaire d'un certain nombre de titres et qui exerçait les fonctions de président du conseil d'administration de cette société; [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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