Ass. plén., 14 décembre 2001 : le préposé condamné pénalement pour une infraction intentionnelle engage sa responsabilité civile, même sur ordre du commettant.
Les faits
Le comptable salarié d'une société a fait obtenir frauduleusement à celle-ci des subventions destinées à financer de faux contrats de qualification. Il est définitivement condamné pour faux, usage de faux et escroqueries.
La procédure
Statuant sur les intérêts civils, la cour d'appel de Paris, le 1er mars 2000, le condamne à indemniser les parties civiles. Il forme un pourvoi : selon lui, en vertu de l'arrêt Costedoat, le préposé qui agit sans excéder les limites de sa mission n'engage pas sa responsabilité envers les tiers, et la cour d'appel aurait dû rechercher s'il n'avait pas seulement exécuté les instructions de son employeur.
Le problème de droit
Le préposé condamné pénalement pour une infraction intentionnelle commise sur l'ordre de son commettant peut-il invoquer l'immunité attachée au respect des limites de sa mission ?
La solution
L'assemblée plénière rejette le pourvoi. Le préposé condamné pénalement pour avoir intentionnellement commis, fût-ce sur l'ordre du commettant, une infraction ayant porté préjudice à un tiers, engage sa responsabilité civile à l'égard de celui-ci.
« le préposé condamné pénalement pour avoir intentionnellement commis, fût-ce sur l'ordre du commettant, une infraction ayant porté préjudice à un tiers, engage sa responsabilité civile à l'égard de celui-ci »
Le texte officiel
Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.
Autres fiches sur le même thème
- Abus de fonctions, assemblée plénière du 19 mai 1988 · Cass. ass. plén., 19 mai 1988, n° 87-82.654
- Arrêt Costedoat · Cass. ass. plén., 25 févr. 2000, n° 97-17.378
Fiche Justice4U, mise à jour le 16 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.