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Arrêt Île de la tentation

Cour de cassation, chambre sociale, 3 juin 2009, n° 08-40.981 · Publié au bulletin
Texte officiel : Légifrance
Textes : Code du travail, art. L. 1221-1
En bref

Cass. soc., 3 juin 2009 : la participation à une émission de télé-réalité peut constituer une prestation de travail subordonnée. Contrat de travail. Fiche d'arrêt.

Les faits

Des participants signent un « règlement participants » pour le tournage, du 14 au 28 mars 2003, dans un hôtel en Thaïlande, de l'émission « L'Île de la tentation », produite pour TF1 par la société Glem : quatre couples testent leurs sentiments au contact de célibataires, sans gagnant ni prix. Ils demandent ensuite la requalification de ce règlement en contrat de travail à durée indéterminée et le paiement de salaires, d'heures supplémentaires et d'indemnités de rupture.

La procédure

La cour d'appel de Paris, le 12 février 2008, fait droit à la demande de requalification. Le producteur se pourvoit en cassation en soutenant que les participants se bornaient à vivre leur vie privée devant les caméras, sans accomplir aucun travail.

Le problème de droit

La participation à une émission de télé-réalité peut-elle constituer une prestation de travail exécutée dans un lien de subordination ?

La solution

La Cour de cassation approuve la requalification. Les participants devaient prendre part aux activités et réunions, suivre des règles définies unilatéralement par le producteur ; ils étaient orientés dans l'analyse de leur conduite, certaines scènes étaient répétées, les heures de réveil et de sommeil étaient fixées par la production, ils étaient tenus à une disponibilité permanente, sans pouvoir sortir du site ni communiquer avec l'extérieur, et toute infraction pouvait être sanctionnée par le renvoi. La cour d'appel a ainsi caractérisé une prestation de travail exécutée sous la subordination du producteur, ayant pour objet la production d'une « série télévisée », la somme versée étant la contrepartie de cette prestation. L'arrêt n'est cassé que sur d'autres chefs.

« l'existence d'une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu'elles ont donnée à leur convention mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l'activité des travailleurs »

Le texte officiel

Mais attendu que l'existence d'une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu'elles ont donnée à leur convention mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l'activité des travailleurs; Qu'ayant constaté que les participants avaient l'obligation de prendre part aux différentes activités et réunions, qu'ils devaient suivre les règles du programme définies unilatéralement par le producteur, qu'ils étaient orientés dans l'analyse de leur conduite, que certaines scènes étaient répétées pour valoriser des moments essentiels, que les heures de réveil et de sommeil étaient fixées par la production, que le règlement leur imposait une disponibilité permanente, avec interdiction de sortir du site et de communiquer avec l'extérieur, et stipulait que toute infraction aux obligations contractuelles pourrait être sanctionnée par le renvoi, la cour d'appel [...] a caractérisé l'existence d'une prestation de travail exécutée sous la subordination de la société Glem [...]

Début du texte de la décision. Texte intégral : Légifrance, et dans la recherche Justice4U.

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Fiche Justice4U, mise à jour le 26 octobre 2026. Texte de la décision : open data des décisions de justice (Cour de cassation, DILA), réutilisé sous Licence Ouverte. Cette fiche est une aide à l'étude et à la recherche ; vérifiez toujours la décision sur sa source officielle avant de la citer.